Les conséquences sanitaires
Deux personnes sont décédées dans la nuit du 26 avril 1986 à la centrale de Tchernobyl. Dans les quinze jours suivants, tous les pompiers envoyés éteindre l'incencie avec des jets d'eau sont morts. Depuis, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique (AIEA) estime à l'encontre de tous les témoignages que seules 47 personnes sont mortes des suites directes de l'explosion du réacteur IV de la centrale Lénine.
Les témoignages des liquidateurs, le nombres de travailleurs décédés de cancer ou de maladie cardiovasculaires, les travaux des médecins et des chercheurs montrent une toute autre réalité, 1000 fois plus sinistres. La catastrophe de Tchernobyl aura fait des dizaines de milliers de victimes, en Biélorussie, en Ukraine, et Russie mais également dans de nombreux autres pays de l'Europe du nord et de l'Europe de l'ouest. Personne ne saura jamais combien de vie humaine ont été sacrifiée à l'énergie nucléaire. Pourquoi une telle différence entre le décompte de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique et celui de scientifiques comme Youri Bandajevski ?
Conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl
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Les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl, à la fois sur la santé des populations et l'intégrité de l'environnement,
sont par ordre d'importance et chronologiques d'abord dues à l'iode, puis au césium 137, mais de nombreux autres radionucléides ont été émis par le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Les modèles utilisés pour étudier la catastrophe sont en partie ceux des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, mais se basent surtout sur des quantités importantes de données accumulées lors des premiers scanners ou radiographies (avant cette période on irradiait beaucoup plus surtout les médecins). Ces modèles sont essentiellement ceux d'irradiation externe. Ils s'appliquent mal à une irradiation interne, chronique, due à l'ingestion d'aliments contaminés par des radionucléides (iode dans un premier temps, puis césium surtout par la suite) sur laquelle les scientifiques continuent de s'interroger sans résultats définitifs jusqu'à présent, sauf en matière de cancer de la thyroïde. L'évaluation du nombre de décès survenus et encore à venir imputables à la catastrophe est donc l'objet de nombreuses controverses opposant essentiellement l'AIEA et l'OMS à des ONG comme Greenpeace et plusieurs chercheurs indépendants, les chiffres avancés variant de quelques dizaines à quelques dizaines de milliers de morts.
En France, une controverse est née sur les retombées du nuage de Tchernobyl. Voir à ce sujet l'article Conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France.
Les conséquences politiques, économiques et sociales sont quant à elles détaillées dans l'article catastrophe de Tchernobyl.
Controverse sur les chiffres
L'évaluation des conséquences sanitaires de la catastrophe fait l'objet d'une controverse. Certains y voient l'écho d'enjeux politiques. D'autres y voient un problème d'épidémiologie.
Liste de bilans contradictoires:
- Les organisations locales évaluent le nombre de morts entre 50 000 et 150 000
- Kofi Annan parle de 7 millions de personnes affectées[1].
- Des études ont été faites par Vassili Nesterenko et Youri Bandajevsky sur l'irradiation des habitants de l'Ukraine et de la Biélorussie.[2] Les circonstances de l'irradiation à Tchernobyl sont différentes de celles de Hiroshima et Nagasaki. Pour Bandajevsky, il s'agit dans le premier cas d'irradiations internes, répétées et de faible dose et dans le second, d'expositions externes massives en une fois. Il affirme que les effets en sont très différents[3]. Il a été condamné, sans preuves matérielles; son arrestation suivant de peu la publication de ses travaux critiquant la thèse officielle[4].
- Les statistiques montrent que la mortalité du Belarus dépasse la natalité d'un facteur 1,6[4]. Pour certains, le fait n'est pas la conséquence directe de l'accident nucléaire[5].
- Selon Union Tchernobyl, principale organisation des liquidateurs, sur 600 000 liquidateurs, 60 000 sont morts et 165 000 sont handicapé.
- L'Agence internationale de l'énergie atomique, avance les chiffres de 47 personnes mortes, ainsi que neuf enfants décédés du cancer de la thyroïde sur 600 000 personnes concernées. Selon l'AIEA, 4 000 personnes pourraient mourir « pour avoir été exposées aux radiations après l'accident » selon une ébauche de rapport qui fut repris par la presse. La version définitive du rapport, publiée en avril 2006, ne reprend pas ce bilan.
- Le professeur Maurice Tubiana, cancérologue impliqué au niveau international dans la recherche sur le cancer depuis plusieurs décennies prend position en faveur de ces chiffres : une centaine de morts. Il prétend dans son dernier livre ("N'oublions pas demain") qu'il existe une véritable campagne de désinformation orchestrée par diverses ONG dont l'intention est de discréditer le développement de l'énergie atomique quoiqu'il en soit. Cependant, le Pr Tubiana n'est pas considéré comme neutre dans la mesure où il a régulièrement pris position en faveur du nucléaire et il est un ancien membre du Conseil d'Administration d'EDF qui le met encore aujourd'hui en valeur [9],[10]
- L'Organisation mondiale de la santé avance des chiffres similaires. Sur 72 000 liquidateurs, 212 sont morts (source : étude de 1998). L'impartialité de l'OMS sur cette question est contestée, en raison d'un accord passé avec l'AIEA en 1959[11].
- Selon l'Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), plus de 10 000 personnes sont atteintes d'un cancer de la thyroïde et 50 000 cas supplémentaires sont attendus à l'avenir. En Europe, 10 000 malformations sur des nouveau-nés en raison de Tchernobyl et 5 000 décès chez les nourrissons. Plusieurs centaines de milliers de membres des équipes d'intervention [sur le site] sont de nos jours malades des suites des radiations, et plusieurs dizaines de milliers sont morts[12],[13].
